
S'il y a bien un support culturel qui peine à être contaminé par l'invasion zombie c'est bien la littérature, les fans de zombies que nous sommes sont il faut bien le dire dépourvus d'un ouvrage référence sur nos chers morts-vivants. C'est cette attente que se sont efforcés de combler Julien Bétan et Raphaël Colson et ceci de bien belle manière avec ZOMBIES au édition moutons électriques, un très beau bouquin qui risque de devenir le livre de chevet de bon nombre d'entre nous. Afin de vous donnez envie de découvrir ZOMBIES j'ai réalisé un interview (du vendredi ) des deux auteurs afin qu'ils puissent présenter eux-mêmes leur livre.
FLYone:Présentez vous et votre éditeur
Eh bien, imaginez une trentaine de passionnés de la science-fiction — genre, des graphistes, des traducteurs, des écrivains, des traducteurs… et même des lecteurs ! Qui décident de suivre André-François Ruaud dans son envie de créer une nouvelle maison, et lui en donnent les moyens financiers. Depuis la création, en juin 2004, les Moutons électriques ont connus des hauts et des bas, publiés plus de soixante-dix livres, et commencent maintenant à avoir une certaine visibilité… Et puis, aussi, nous avons lentement évolué du strict domaine des littératures de l’imaginaire, à celui plus vaste de la culture populaire en général. D’où notre nouvelle collection, la Bibliothèque des Miroirs, débutée avec Zombies !
D'où vous est venu l'idée de ce bouquin ?
Nous avions écrit un article sur le sujet dans la revue Fiction (tomes 5 & 6) qui, tout en défrichant le terrain, ne nous avait pas permis de traiter de toutes les questions que nos recherches avaient soulevées. Et puis, nous étions comme beaucoup, consterné par l’absence d’ouvrage sérieux sur le sujet. Il existe certes plusieurs livres en anglais, mais qui restent inaccessibles à de nombreux lecteurs. Nous avons par ailleurs tenu à produire un ouvrage, qui dans son contenu et son approche, n’ait pas d’équivalent, même anglo-saxon.
Le livre envisage le zombie comme une figure de la culture populaire moderne et s’intéresse aux différents supports (cinéma bien sûr, mais aussi comic books et littérature, musique et jeux vidéo).
Zombies est-il la première encyclopédie sur les morts vivants ?
Zombies ! n’est pas une encyclopédie, le livre s’apparente davantage à une étude historique. Nous avons essayé de retracer le parcours du zombie dans la culture occidentale, depuis son apparition aux États-Unis, dans les années 1930. Quoique très documenté, cet ouvrage ne cherche pas à être exhaustif. C’est d’ailleurs impossible ; compte tenu de l’abondance de la production, toute liste « exhaustive » serait obsolète avant même d’être publiée. Cependant, cette idée est réalisable sous la forme d’un site Internet, et c’est l’un des projets sur lesquels nous travaillons actuellement.
Comment s'est organisé votre travail entre vous deux et votre éditeur ?
Notre éditeur nous a laissé carte blanche, après que nous lui avons exposés nos pistes de recherche. Les Moutons électriques ont un fonctionnement un peu différent des maisons d’édition traditionnelles, et accordent une place centrale au travail collectif. C’est un peu plus compliqué, mais c’est bien plus beau que les batailles d’ego. L’objectif est que chaque collaborateur puisse exprimer son potentiel et ses compétences au service d’un projet commun… une ambiance de travail exigeante mais inespérée pour les auteurs !
Un conseil pour les jeunes auteurs qui rêvent d'être publiés ?
Lire, lire, lire. Écrire, écrire, écrire.
Écouter les critiques argumentées, pas les avis.
Votre film d'horreur favori
La question qui tue !
Julien : Massacre à la Tronçonneuse (1974)
Raphaël : Freaks
Selon vous, les zombies vont-ils détrôner les vampires en popularité dans les années à venir ?
Ces créatures ne situent pas exactement sur le même plan dans l’imaginaire collectif. Le vampire était au départ un monstre effrayant et sanguinaire, dont il fallait se prémunir en déterrant les cadavres et en leur faisant subir un certain nombre de rituels. Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que les romans victoriens lui ont donné un aspect romantique (voire érotique). La perte d’influence de l’église catholique a également contribué à rendre cette figure moins effrayante, plus séduisante. Si l’on ne craint plus de devenir un démon, une créature du Diable, les pouvoirs du vampire (immortalité, manipulation, transformations…) deviennent plus intéressants pour nos contemporains, et bon nombre d’entre eux troqueraient volontiers leurs habitudes alimentaires pour les obtenir.
De son côté, le zombie est resté une créature monstrueuse, au sort peu enviable. Le mort-vivant n’est pas un « surhomme » mais au contraire un être ayant laissé dans la tombe une partie de son individualité. Dépourvus de sentiments, d’émotions, de capacité réflexion, il est difficile de s’identifier à eux, de projeter ses propres fantasmes sur cette figure. De plus, un zombie ne représente qu’une menace très relative ; c’est la masse qui fait leur force, un élément qui, lui non plus, n’incite pas à l’identification du spectateur.
La popularité des zombies, plus proche de la fascination pour l’horreur (et pour les menaces qu’ils représentent), diffère donc de celle des vampires, qui peuvent constituer des modèles « positifs ».
Vos projets
Raphaël Colson enchaîne avec un essai sur Miyazaki, co-écrit avec Gaël Régnier et à paraître en novembre 2009, avant de s’attaquer à un nouveau gros morceau, toujours en compagnie de Julien Bétan : la fin du monde ! Un projet que nous souhaitons articuler avec un autre ouvrage, complémentaire, consacré aux sociétés post-apocalyptique. Tout cela, comme pour les zombies, en étudiant les productions de toutes formes et origines, en rapport avec l’esprit de leur temps. Autant de titres qui viendront progressivement peupler la Bibliothèque des Miroirs et constituer les entrées d’une véritable encyclopédie de l’imaginaire.
Merci à Julien Bétan et Raphaël Colson plus d'info sur leur myspace , ZOMBIES est diponible dans toutes les bonnes librairies ou via le site des moutons-électriques, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.